Appareil photo bi-objectif russe : le Lomo Lubitel 2

Le Lubitel 2 est un appareil photo de fabrication russe des années 60. Copie Russe ou descendant du Voigtlander Brillant (qui était lui de fabrication germanique), il se démarque par une fabrication tout plastique pour optimiser son coût de production et favoriser ainsi sa diffusion au plus grand nombre...

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Mon nouveau jouet, un Lubitel 2 avec sa sacoche cuir. Il me tarde de le recevoir maintenant pour pouvoir m’amuser 🙂

Appareil moyen format : Lubitel 2

Le Lubitel 2 est un appareil photo de fabrication russe des années 60. Copie Russe ou descendant du Voigtlander Brillant (qui était lui de fabrication germanique), il se démarque par une fabrication tout plastique pour optimiser son coût de production et favoriser ainsi sa diffusion au plus grand nombre. Cet appareil photo bi-objectif (Twin Lens Reflex en anglais, ou TLR) fût durant de longues années considéré comme l’appareil  photo école de référence.

Une optique Zeiss

Équipé d’un (vrai) objectif de prise de vue Zeiss Triotar (3 éléments en 3 groups, ouverture max f4), le Lubitel 2 est une bonne base pour découvrir les joies de la photographie au format carré (6×6) et mettre dans un placard les « toycams » que sont les appareils Lomography Diana Mini et Diana F+ avec leurs objectifs en plastique (faire des photos de mauvaises qualités ça va un temps…)

Photographier avec un Lubitel 2 en 2026

Faire des photos avec un Lomo Lubitel aujourd’hui n’a rien d’évident. Sans cellule intégrée, sans automatisme, ce TLR oblige à ralentir, à mesurer la lumière manuellement et à composer dans un viseur dépoli inversé latéralement. C’est précisément ce qui fait son intérêt : retrouver les gestes lents de la photographie argentique moyen format, à l’opposé de la rafale numérique.

Choisir un Lubitel 2 d’occasion sans se tromper

Le marché de l’occasion regorge d’exemplaires plus ou moins fonctionnels. Avant l’achat, vérifier trois points essentiels : l’état du soufflet (absence de micro-fissures laissant passer la lumière parasite), la fluidité du levier d’avancement film, et l’état des verres optiques (champignons, voile interne, rayures). Le retardateur, souvent grippé après plusieurs décennies, peut être laissé tel quel sans gêner l’usage courant. Privilégier un appareil livré avec sa sacoche en cuir d’origine, signe d’un stockage soigné par le précédent propriétaire.

Le format 6×6, une discipline visuelle

Photographier au carré change le regard. Plus de format paysage ou portrait : tout se compose dans un cadre symétrique de 6 cm de côté. Cette contrainte impose de réfléchir aux lignes, aux masses et au point fort de l’image avant de déclencher. Sur seulement 12 vues par bobine 120, chaque cadrage compte. C’est l’inverse exact du flux numérique où l’on multiplie les déclenchements pour trier après coup.

Films 120 et chaîne de développement

Les films moyen format restent largement disponibles. Côté noir et blanc, Ilford HP5+ et FP4+, Kodak Tri-X 400 et T-Max couvrent les usages courants. En couleur, Kodak Portra 160/400/800 et Ektar 100 répondent à la majorité des besoins, du portrait au paysage saturé. Le développement reste accessible, soit en laboratoire spécialisé (encore présent dans la plupart des grandes villes françaises), soit en self-developing pour le noir et blanc avec une chimie classique type Kodak D-76 ou Ilford ID-11.

Quelques repères pratiques de prise de vue

Sans cellule embarquée, deux options : utiliser un posemètre externe (ou une application sur smartphone) ou appliquer la règle « Sunny 16 » (f/16 à 1/ISO en plein soleil, à ouvrir d’un cran par condition de lumière dégradée). À pleine ouverture (f/4,5), la profondeur de champ devient mince — utile pour isoler un sujet, contraignant pour les paysages où l’on fermera plutôt à f/8 ou f/11. Le viseur inversé latéralement demande quelques jours d’adaptation : déplacer l’appareil vers la droite décale le sujet vers la gauche dans le viseur. Une fois ce réflexe acquis, le Lubitel 2 devient un compagnon de prise de vue étonnamment efficace pour qui aime composer lentement.

Faire de la photo au format carré 6x6 avec un Lubitel 2
Appareil photo russe, le Lomo Lubitel 2

Le Lubitel : un appareil photo bi-objectif emblématique de l’URSS

Le Lubitel : un appareil photo bi-objectif emblématique de l’URSS

Le Lubitel (en russe ????????, signifiant « amateur ») est une gamme d’appareils photo reflex bi-objectifs (TLR) moyen format conçue et fabriquée en URSS, principalement par l’usine GOMZ, qui deviendra ensuite LOMO à Leningrad (aujourd’hui Saint-Pétersbourg). Son histoire commence juste après la Seconde Guerre mondiale, dans un contexte où l’Union Soviétique cherche à démocratiser la photographie de qualité auprès du grand public grâce à des appareils simples, robustes et abordables (Wikipedia FRLomography).

Le design du Lubitel s’inspire directement du Voigtländer Brillant allemand des années 1930, un modèle de TLR accessible qui a marqué son époque (PhotoChroniques). Le tout premier modèle, nommé Komsomolets (1946-1950), était une copie simplifiée du Brillant, mais c’est véritablement en 1949 que le Lubitel fait son apparition avec des améliorations techniques notables, notamment la mise au point couplée entre l’objectif de visée et celui de prise de vue (Lomography).

Le Lubitel 2, un succès populaire (1955-1980)

Le Lubitel 2, lancé en 1955, constitue le modèle le plus célèbre et le plus diffusé de la gamme, avec plus de deux millions d’exemplaires produits jusqu’en 1980. Cette version marque l’apogée de la production Lubitel, destinée aussi bien au marché soviétique qu’à l’exportation, souvent sous différentes marques selon les pays (Kamera StorePhotoclub Thorigny).

Ce TLR moyen format 6×6 cm utilise un objectif principal Lomo T-22 75 mm f/4,5 et offre des vitesses d’obturation allant de 1/15 à 1/250 secondes, plus la pose B (Alex Luyckx). Léger et robuste grâce à son corps en bakélite puis plastique, il intègre des fonctionnalités comme la synchronisation flash, un compteur de vues, un retardateur, ainsi qu’un viseur clair avec loupe (Lomography Review).

Un appareil accessible et durable

Le Lubitel 2 a joué un rôle majeur dans la démocratisation de la photographie moyen format en URSS, dans les pays du bloc de l’Est, mais aussi en Occident (PhotoChroniques). Il était l’un des rares appareils 6×6 abordables pour le grand public, permettant à des millions d’amateurs de s’initier à la photographie de qualité pour une fraction du prix d’un Rolleiflex ou d’un autre TLR allemand (Forum 35mm Compact).

Sa simplicité de construction, parfois qualifiée de « jouet », ne l’empêche pas de produire des images de qualité honorable, surtout lorsque l’on maîtrise ses limites optiques et que l’on ferme le diaphragme (Forum 35mm Compact). Encore aujourd’hui, le Lubitel 2 est un objet de collection recherché et un outil d’expérimentation apprécié des passionnés d’argentique.

Héritage et renaissance moderne

Depuis les années 2000, la marque Lomography a relancé le Lubitel sous la forme du Lubitel 166+, une version modernisée qui permet de photographier en moyen format 120 mais aussi en 35 mm, tout en conservant l’esprit et l’esthétique de l’original. Ce renouveau s’inscrit dans la tendance actuelle du retour à la photographie argentique et du « slow photography », où l’on prend le temps de composer ses images et d’explorer la matière photographique.

Le Lubitel demeure ainsi un symbole à la fois de l’histoire industrielle soviétique et de la démocratisation d’une photographie accessible et de qualité pour les amateurs du monde entier.

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